Les loges d'Adoption sous l'ancien régime
 
 
nos origines

Les loges d'Adoption sous l'ancien régime

Les femmes qui aspiraient à l'égalité pensèrent que la Maçonnerie serait un moyen d'émancipation et certains hommes les ont soutenues dans cette démarche. Elles parvinrent à être admises à certains travaux, sans toutefois être reconnues comme Franc-maçonnes à part entière. La Maçonnerie de femmes fut le plus souvent limitée à une Maçonnerie "d'Adoption" : des loges féminines s'établissent aux côtés des loges masculines, dont on peut dire qu'elles constituent "une Maçonnerie par procuration". Elles se développent tout au long du 18ème siècle.

L'année 1774 marque une étape décisive, le Grand Orient de France se constitue en obédience en fédérant des loges existantes, dont les loges d'adoption. Leur existence est alors codifiée et un statut leur est donné.
Ces loges d'adoption, qui conservent le nom de la loge masculine sur laquelle elles sont souchées, se développent rapidement et l'on peut estimer qu'elles sont près d'une centaine sur l'ensemble du territoire.

Tablier d'Adoption français, fin 18ème siècle - Musée de la Franc-Maçonnerie (coll. GODF)

Elles présentent une grande diversité et quelques-unes d'entre elles ont été prestigieuses, notamment à Paris :

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la loge d'adoption Les Neuf Sœurs, est particulièrement féministe et est très soutenue par les frères de la loge masculine du même nom qui accueillera Voltaire en 1778.

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la loge La Candeur, créée en 1775, est très active. Sa notoriété dépassera bientôt celle de la loge masculine dont elle est issue ; elle conquiert rapidement son autonomie.

L'activité de cette Maçonnerie d'Adoption variera considérablement d'une loge à l'autre mais demeurera essentiellement tournée vers l'action philanthropique. Toutefois, au fil du temps une place de plus en plus importante est consacrée à la réflexion sur les problèmes de société.
A la Révolution, ces loges disparaîtront toutes, comme les loges masculines auxquelles elles étaient rattachées.